Walid Riache n’est pas seulement un meneur de jeu international. Il est la preuve vivante que le futsal algérien a trouvé ses athlètes. Formé au NAHD, Walid Riache est passé par le RC Kouba et l’USMH, puis une grave blessure l’éloigne des terrains de football. Mais Riache renaît dans le futsal ! Aujourd’hui au CF El Kseur, il vient d’être élu meilleur joueur de la saison 2025-2026, après avoir décroché le titre de champion et une demi-finale de coupe. En sélection nationale, il a déjà marqué et participé à des matchs de qualifications. Dans cet entretien exclusif, l’enfant de Leveilley parle sans filtre, de son amour inconditionnel pour le NAHD, ce club qui l’a vu grandir et faire ses premiers pas de footballeur. Il nous parle également de l’évolution spectaculaire du futsal en Algérie, des sacrifices quotidiens d’un compétiteur de haut niveau, et son message plein de sagesse aux jeunes pour les inciter à la persévérance et à la résilience. Savourez…
Entretien réalisé par Hamid Si-Ahmed
Vous avez grandi au NA Hussein Dey. Quel poids ce club garde-t-il dans votre cœur ?
Le NAHD, c’est une école de légendes. Le NAHD c’est une institution, c’est un club qui a fourni le plus de joueurs à notre équipe nationale que n’importe quel autre club. Dire le contraire, c’est ne rien connaître au foot algérien. Le NAHD est un patrimoine dont le football algérien devrait s’enorgueillir. Moi, je suis fier de vous dire que j’ai fait mes classes dans ce club et que j’y été formé. Le club a nourri notre championnat et notre équipe nationale et continue de le faire jusqu’à aujourd’hui. Ceux qui peuvent l’aider maintenant qu’il fait face à des vents contraires doivent le faire, sans hésitation. Personnellement, je serais toujours reconnaissant envers ce club, ce fut pour moi une expérience inoubliable !
Cette saison, vous réalisez un doublé historique avec El Kseur : championnat et demi-finale de coupe. Racontez-nous…
On a rempli tous nos objectifs. Demi-finalistes en Coupe d’Algérie, et premiers de notre groupe, ce qui nous envoie en Super League la saison prochaine. À terme, nous serons tous réunis dans une poule unique de dix équipes. Notre force ? Un groupe soudé, des gars sains et un jeune entraîneur avec qui la complicité est parfaite.
Vous achevez l’exercice en beauté avec ce sacre contre Akbou…
On a battu l’AC Auzium d’Akbou 4 buts à 3. Quatre victoires en play-offs, première place, champion d’Algérie… « Hamdoullah » ! C’est une saison pleine, grâce aux efforts de nos entraîneurs et de tout l’effectif. On y a cru jusqu’au bout, on a fait ce qu’il fallait.
Parlons sélection. Comment vivez-vous cette aventure avec l’équipe nationale ?
Ma première convocation remonte à décembre 2024 pour les Jeux islamiques en Arabie Saoudite, avec une équipe 100% locale. En février, en éliminatoires de la Coupe d’Afrique avec l’équipe A, on a affronté la Guinée : 4-0 à l’extérieur, 7-1 à Oran. J’ai inscrit un but au retour. L’ambiance est excellente, entre locaux et pros, on apprend chaque jour. J’espère que ça va durer.
Vous évoluez en futsal depuis cinq ans. Où en est cette discipline en Algérie ?
Le niveau grimpe. Avant, ce n’était qu’un département, aujourd’hui c’est une Ligue rattachée à la Fédération, un grand progrès ! En sélection aussi : on passait quelques stages par an, là on en a fait une dizaine l’an dernier. Un vrai plan de travail est en route. Le point noir reste les clubs : on manque de structures pro, de moyens financiers. Et pourquoi pas, demain, une section féminine ? Les Brésiliens montrent l’exemple : chez eux, le futsal est sacré. Il y a autant de gestes techniques et de touches de balles que sur un terrain de football. Le futsal, c’est une discipline à part.
Quel est votre plus grand souhait pour cette discipline ?
Qu’elle intègre les clubs professionnels, et qu’elle puisse jouir de beaucoup plus de moyens financiers. Et sans oublier surtout le rôle des médias, en général. Cette discipline doit bénéficier d’une vraie couverture médiatique. Vous, les médias, êtes essentiels pour faire découvrir le futsal aux Algériens. Mais on constate malheureusement qu’il y a une forme d’ostracisme envers le futsal. C’et par les médias qu’on attire les foules. À Leveilley, dans mon quartier, quand je jouais au Paradou, les jeunes venaient me voir, ils s’intéressaient, ils étaient de plus en plus nombreux. Ils étaient 10, puis 20 puis plus encore. Il faut vraiment transmettre cette discipline aux jeunes. C’est comme ça qu’on aura une meilleure formation et plus d’amour pour ce sport.
Vous venez d’être élu meilleur joueur de la saison pour la deuxième fois. Que ressentez-vous ?
La première fois (2022/2023), je jouais juste pour le plaisir. En 2023/2024, mon coéquipier Rayane l’a mérité avec une soixantaine de buts, il nous a tous devancé, sacré Rayane ! En tous les cas, je suis très content pour lui. Cette année, c’est différent. Avec la sélection, les qualifications pour la Coupe d’Afrique, il y a plus de responsabilités, plus de sacrifices. Ce titre a une autre saveur. Cela va me pousser à encore plus d’effort et d’abnégation, encore plus de travail. C’est clair que quand il y a des distinctions comme çà, cela vous posse à travailler davantage à travailler durement afin de montrer et de faire l’étalage de votre talent. Comme ça, on sait qu’il y a de gens, des observateurs, des spécialistes, des passionnés des amoureux de ce sport qui sont là à vous scrutez à voir ce que vous faites etc. Pour cette distinction je ressent une immense fierté.
Un conseil pour les jeunes qui rêvent de faire carrière ?
D’abord, respectez vos parents. Leur amour vous protégera toujours, même si vous ne réussissez pas. Ensuite, choisissez bien votre entourage et soyez sérieux. Ce n’est qu’avec la discipline qu’un athlète peut réaliser ses objectifs. Choisir son entourage proche, et faire preuve de sérieux dans le travail. Le sport, ça éduque !
Quels sont maintenant vos objectifs futurs ?
Je suis conscient de ce qui m’attend pour rester sur cette lancée. Un athlète doit toujours se remettre en question et viser toujours plus haut. Ne jamais avoir la grosse tête, même si mes consécrations ne sont pas venues juste comme ça. Je suis reconnaissant et ferai tout pour encore plus de réussite inch’Allah. Ces titres, je les dédie à tous mes coéquipiers, à ceux qui ont cru en moi et à toute ma famille.
Entretien réalisé par Hamid Si Ahmed
